Appariement assortatif

Un rapide tour d'horizon de ma personalité sentimentale et conception du couple

Préambule

L’objectif principal de cette page est d’expérimenter une nouvelle méthode rectiligne de sélection bilatérale de partenaire. Peut-on, contre toute norme sociale, établir un concensus réciproque (ou du moins signalétique) sur les termes d’un engagement de couple. Le mariage, par exemple, bien qu’il y ait signature d’un contrat, il n’est jamais question d’une rigoureuse définition des intérêts de chacun. Dans une optique de minimiser les risques d’échec, il me semble intéressant d’établir préalablement un catalogue de personalité.

Ce texte vise à procurer, de façon progressive, un aperçu plus ou moins profond de ma personne en vue d’une éventuelle considération d’adéquation en tant que partenaire. La première partie me décrit superficiellement : ma carrière professionelle, mes passe-temps, mon appartenance éthnique et culturelle. La dernière partie décrit mes croyances métaphysiques et bien qu’elles n’aient que peu d’importance dans ma vie de tous les jours, elles me semblent relativement essentielles pour gauger de la compatibilité intellectuelle.

Lire un essai pour apprendre à connaître quelqu’un est un défaut de conception, et ce pour plusieurs raisons :

  • L’auteur a la capacité de filtrer ses pensées et d’embellir son discours
  • On perd la nuance de la conversation de front
  • On modèle l’auteur sur base de son style et aptitude à l’écrit
  • C’est putain de bizarre

Bien qu’excentrique, cette façon me paraît (en théorie) pratique et dans un futur relativement distant s’avérer devenir une démarche normative pour trouver un partenaire romantique.

À propos de moi

Une description détaillée existe déjà ici, néanmoins il m’est permis d’ajouter que j’aime voyager, jouer au rugby, la photographie et le cinéma. J’éprouve des difficultés à me conformer à l’hypermodernité. Je suis souvent à l’écoute des gens et estime que si l’on pose les bonnes questions, on obtient toujours des réponses très intéressantes. L’une de mes caratérisques principales est ma curiosité intrinsèque, une curiosité que j’ai pour les sciences en général. Je n’apprécie ni les raccourcis mentaux ni la simplicité intellectuelle. J’ai eu suffisament affaire à la complexité mathématique pour savoir que le monde dans lequel nous vivons ne l’est pas du tout.

Le couple dans la société occidentale

Dans la société occidentale et urbaine du XXIème siècle, on attend du partenaire romantique d’assurer une myriade de rôles :

  1. Ami
  2. Partenaire sexuel
  3. Compagnon de ménage

L’accent prononcé sur le besoin d’amitié n’existait pas dans les civilisations passées. Autrefois, les êtres humains vivaient dans de petits villages prépondément familliaux et le cercle des amis n’étaient qu’à quelques minutes de marche. Dans la vie citadine moderne, nous avons transité vers de petites familles nucléaires et le risque que nos amis déménagent dans une autre ville comporte un risque plus élevé. L’unique point immuable d’une amitié perpétuelle est le partenaire romantique. L’autre importance que revêt l’amitié dans le couple est l’accroissement de l’égalité socio-professionelle homme-femme. Nous ne remplissons plus des fonctions stéréotypées : l’homme qui chasse et la femme qui s’occupe de la maison sont des notions que l’on perd. Chaque membre du couple romantique est indépendant alors qu’offrir d’autre que de l’amitié.

Ainsi, l’importance de trouver un partenaire durable réside dans le fait qu’il demeure notre unique source constante d’amitié. La perte du stéréotype du rôle raffine l’identification d’un partenaire.

Rencontrer à l’Ère d’Internet

D’un point vue superficiellement analytique, trouver un partenaire compatible est extrêmement difficile. Supposons que nous réclamons 10 attributs constitifs que vous attendez d’un partenaire : sens de l’humour, signaux d’honnêteté, compatibiblité sexuelle, >= revenu de classe moyenne, etc. On parvient à ce qu’on appelle une recherche de dimension 10. Combien de points (personnes) devriez-vous rencontrer pour trouver une bonne solution (partenaire)? Probablement un sacré paquet. La solution traditionelle est d’entamer une sélection par clustering en profession, passe-temps, groupes d’amis similaires de sorte à rétracter le problème. Et ça peut marcher.

Malgré les avancées technologiques et Internet, nous ne sommes pas parvenus à améliorer nos procédés traditionnels en matière de sélection de partenaire. Je n’aborderai pas les très nombreux problèmes des applications de rencontre dans ce texte. Je dénoterai cependant qu’en raison de la brièveté des présentations données de nous-même, il est difficile de ne connaître autre chose que l’apparence physique de la personne. Cette déception est en partie la motivation de cette expérience sociale. Peut-on, au travers un format de texte long, élaboré et intime, réveler notre personnalité profonde?

Primes de la vie

Il existe 3 catégories distinctes de récompense dans la vie : amitié, hédonisme et savoir.

Le concept de l’amitié est relativement intuitif. Les récompenses hédonistiques sont argent, bonne cuisine, vêtements habillés, jolies voitures, etc. Le savoir, c’est apprendre de nouvelles idées, compétences et perfectionner ses centres d’intérêt. Je place le développement personnel dans la catégorie du savoir : on apprend à se connaître soi-même. En atomisant le mot fourre-tout développement personnel, on identifiera les dimensions spécifiques d’achèvement personnel, à savoir sociabilité, intellect, etc. La plupart des gens valorisent grandement les primes liées à l’amitié et l’hédonisme. Certaines systèmes sociétaux se sont d’ailleurs construits sur base de ces types de récompense1. Et je ne suis pas une exception. Toutefois, considérant une personne de mon âge, je suis fortement enclin à sacrifier les primes hédonistiques au profit du savoir et ce, de quelque nature qu’il puisse être : scientifique, conceptuel ou métacognitif.

Sur la fonction d’utilitaire

Je pense que développer un cadre utiliaire est inéluctable. Il est nécessaire de définir nos vocations de sorte à optimiser notre progrès. Souhaiterais-je perfectionner mon savoir, mes expériences hédonistiques ou mon cercle amical ? Est-ce que je priorise carrière ou famille? Stabilité ou pencherais-je pour l’aventure ? Nos fonctions utilitaires ne sont toujours pas claires. La vie est un processus continu de découverte et réinvention de sa propre fonction utilitaire. Au même titre que la société recompose sa fonction utilitaire morale.

Mes fonctions utilitaires actuelles :

  • Développement intérieur, m’assimiler, parvenir à mieux me connaître, me doter d’un plus grand contôle de soi, renforcer mes faiblesses;
  • Perfectionner ma compréhension de l’algèbre d’opérateurs et de la théorie analytique des nombres, incrémenter mes publications dans ces domaines spécifiques;
  • Avoir d’intéressantes conversations avec des gens renseignés et bien informés;
  • Courir un marathon

Loisirs et passe-temps

Lutter et progresser sont les deux façes d’une même pièce. Dès que le progrès emboîte le pas à la lutte alors la vie vaut d’être vécue. En demeurant le moins cynique possible, je pense l’Homme est comme un poisson : pour ne pas se noyer, il doit sans cesse nager. La lutte ne doit pas nécesairement être professionelle, elle peut aussi bien être supporter son équipe sportive, perfectionner un art, maintenir son cercle social, élever des enfants. L’être humain est naturellement prédisposé à éviter les méchanismes fonctionnels qu’il estime être accommodant, préférant les activités exigeantes et l’ambition2.

Mes loisirs sont le rugby, la photographie, le code golf et le croque-escroc (scam baiting).

Système 1 et système 2

Il est relativement difficile d’appréhender la nature humaine en omettant le Système 1 et Système 23. Nous disposons tous de “deux cervaux” : notre système 1 qui est rapide, intuitif, émotionel et réactif, notre Système 2, plutôt rationel, lent et calculateur. Le Système 2 est souvent associé à la conscience, la diligence et l’organisation. Le Système 1 est quant à lui d’autant plus rivé au subconscient, au sibliminal, l’impulsivité et à l’instinct réactif. Au fil de nos expérience, il apparaît clairement que la plupart des gens se situe sur l’extrêmité spectrale du Système 1 ou Sytème 2. Prenons, par exemple, les cas suivants : nous cottoyons tous des collègues qui parviennent plus facilement que d’autres à exprimer leur pensées, et ce sont ces mêmes personnes qui occupent des postes de management et traitent essentiellement des problèmatiques d’ordre relationnel. D’autres collègues, plus techniques, font, quant à eux, preuve de plus d’imagination mais requièrent un recul afin de saisir la portée de leur idées. Distinguer la différence entre ces deux systèmes hétéroclites est fondamental afin d’ajuster notre représentation de l’autre.

Je remarque la création d’un grand compromis entre ces deux systèmes. Les personnes chez qui le Système 1 prédomine ont tendance à être plus créatives and spontanées alors que celles, chez qui le Système 2 est prépondérant, sont plus rigides d’esprit. J’estime, qu’afin de maximiser sa courbe d’efficacité émotionnelle, il est essentiel de complémenter ces deux systèmes. C’est aussi un élément que je souhaite appliquer à mon parentage car je considère fatidique d’inclure le développement de ces deux systèmes dans l’éducation d’un enfant : une éducation trop formelle pourrait supprimer le système 1.

Générosité

Je pense qu’il existe une vision très cynique et malinformée de la réalité qui porte à croire que nous sommes des êtres ultimement égoïstes. Cette conception du monde établit un tableau funèbre dans lequel chacun est acerbe l’un avec l’autre (les impitoyables marchés de capitaux, par exemple). La réalité est toutefois plus nuancée. On tend souvent à négliger l’aspect symbiotique de nos rapports sociaux. Les fonctions utilitaires sont souvents alignées bien plus souvent qu’on pourrait le croire. Prenons l’exemple de l’amitié : nous bénéficions du temps passé ensemble sans qu’aucune transaction ne soit formalisée. Une personne cynique pourrait cependant défendre l’idée selon laquelle nos amis nous offrent une sécurité physique et/ou financière, d’où son établissement en temps que norme sociale. Cette explication par le réductionnisme ne considère cependant pas le sentiment d’épanouissement que procure une amitié. Si on poursuit la logique réductioniste, l’amitié ne serait donc que particules fondamentales qui entrent en collision. Or la vie, dans toute sa complexité, implique plus que le suivi des règles de sélection naturelle par des agents déraisonnés. Ma compréhension de la générosité peut se résumer comme suit :

  • Ne pas calculer explicitement le retour sur action
  • Étendre sa générosité à des personnes incapables de vous retourner la faveur
  • Faire preuve d’un kantisme “puéril” (ne fais pas à autrui ce que tu n’aimerais pas qu’on te fasse)

Style de parentage

D’un point vue purement superficiel, j’adore les enfants. Je pense toutefois sous-estimer la charge de travail que requiert l’éducation, sa prise en charge , en élever un (ou plusieurs) me paraît comme l’un des plus grands challenges d’une vie. Autant croit-on faire de “son mieux” et pourvoir à son enfant la meilleure éducation qui soit, il existe constamment une possibilité qu’il vous déçoit. J’aime beaucoup le concept de Good enough parent qui rappelle le danger de l’immiscion dans la famille de l’expertise professionelle et l’idéalisation du parfait parent4.

Voici mon heuristique pour un bon parentage :

  • Développer une passion en partageant les siennes;
  • Apprendre l’amour de la découverte;
  • Expérimenter divers sports et loisirs;
  • Mettre le focus sur le développement des facultés cognitives clés;
  • Enseigner la compassion au travers des exemples

Un enfant n’est évidemment ni l’opportunité d’accomplir vos propres objectifs inachevés ni un accessoire à usage signalétique.

De nombreuses études en psychologie semblent indiquer que les êtres humains disposent d’un moteur physique et d’un moteur psychologique, fils conducteurs de la partie intuitive du système 1. Le moteur physique permet d’émuler des scénarios physiques, le moteur psychologique, quant à lui, permet de déduire les intentions et désirs des gens. Il me semble déterminant d’éviter de surentraîner un enfant par la mémorisation d’éléments d’apprentissage. Il est préférable d’inciter le développement des moteurs physiques et psychologiques, et ce dès le plus jeune âge. Néanmoins, il existe un compromis à réaliser entre l’initiation par indication et celle obtenue par expérience. Je ne saurai me positionner quand à la stratégie à adopter.

En temps que personne issue de l’immigration, le dernier paramètre de parentage que je souhaite aborder est celui de l’angle mort générationnel et il concerne spécifiquement les enfants d’immigrés. Par angle mort générationnel, je désigne la totalité des attributs utilitaires qui ne seront pas recueillis par la génération suivante. Les immigrés sont généralement assidus et disciplinés en raison du manque de stabilité financière et sociale auquel ils font face. Nos enfants ne seront pas confrontés à des conditions similaires d’où le besoin supplétif de redoubler d’effort dans l’instruction de l’assiduité et de la discipline.

Bien que je porte une attention très particulière à la génétique et n’ayant pas un rapport au sens du sang, je ne suis pas opposé à l’adoption.

Volonté propre et libre arbitre

Dans un souci de clareté, il serait bon de définir ce qu’on n’entend pas par libre arbitre.

Le libre arbitre n’est pas :

  • le liberté spiritiuelle : chaque personne dispose d’une âme autonome, indépendante du corps physique et du cervau, qui n’obéit à aucune loi physique scientifique
  • l’individualisme : faire confiance aux autorités sanitaires concernant la vaccination et le port du masque, c’est renoncer à ma liberté
  • volonté stochastique : les lois de la physique sont non-déterministes et donc le libre arbitre
  • liberté de pouvoir : le pouvoir qu’on me confère me permet d’oppresser les autres et me procure donc une plus grande liberté

Rejeter ces notions de libre arbitre paraît être une vision du monde peu romantique. Il s’agit pourtant d’une tentative de renier un certain nombre de fausses croyances, y compris la théogonie de la volonté. Quoi de pire que de se penser libre alors qu’on aspire à un idéal chaotique.

Pour ma part, j’ai pas mal d’imcomphréhension et d’hésitation dès lors qu’il s’agit du libre arbitre. Afin de saisir ce qu’est la volonté de liberté, je souhaite aborder le problème d’un point de vue du référentiel (physique); en d’autres mots, une considération de perspective. Les êtres humains sont des machines computationnelles finies : il nous est impossible de multiplier deux entiers de 10⁶ mentalement. Notre mémoire est limitée (souvenez-vous votre déjeuner du week-end passé?). Notre rationalité est d’autant réduite : on ne peut être certain de rien (êtes-vous sûr que le soleil se levera demain?). Au travers l’optique de l’homme, le libre arbitre existe.

La volonté propre est la marge d’action d’un agent computationel limité sur sa réalité subjective.

Sur base du référentiel d’une machine computationelle illimitée (une personne capable de multiplier des entiers exponentiellement grands par voie mentale seule), le libre arbitre n’existe pas. Et ce en raison du déterminisme des lois physiques (du moins classiques). La volonté propre ne peut prendre tout son sens que dans un contexte où l’incertitude et l’incapacité persistent. Si vous pouviez prédire le future et connaître l’entiereté des causes à effet, la volonté propre ne peut exister. Aucun de nous n’est un agent computationel illimité capable d’assimiler toutes nos expériences passées ou notre conditionnement génétique afin de déterminer la plus juste décision à prendre. Nos vivons dans un monde rempli de tergiversation et d’imprévisibilité.

Individualisme et collectivisme

Il est très difficile de conçevoir une société qui ne soit exclusivement individualiste ou collectiviste. Toutes les sociétés qui tentèrent d’instaurer un régime dont le fonctionnement structurel ne se reposait que sur l’un de ses modèles éprouvèrent des dysfonctionnements sociaux-économiques cataclysmiques. On peut certes défendre une certaine idée de complémentarité, il n’en demeure pas moins que la distribution des droits ne

Le collectivisme ne peut être considéré comme un bloc monolitique : on peut exister en temps que société collectivement religieuse, économique, sociale ou les trois à la fois.

Il est crucial de situer votre partenaire, ami ou collègue sur le spectre individualisme-collectivisme afin d’établir des attentes sur sa logique comportementale et son expression sentimentale dans le cadre d’un accord commun.

Identité

On croit souvent, à tort, que rester la même personne est tenu pour acquis. Entretenir ce site depuis mon enfance m’a indiqué au combien nous changeons. Qui peut prétendre être la même personne depuis dix ou vingt ans ? Bien que les identités constantes sont primordiales pour exister et maintenir une certaine santé mentale, permettant notamment que nos proches aient un certain nombre d’attentes à notre égard. Plutôt que de soutenir l’idée que notre personnalité est inconsistante, je tente de rappeler que nous subissons des changements permanents voués à renouveller pour une meilleure interprétation de soi.


  1. O’Shaughnessy, John, and Nicholas Jackson O’Shaughnessy. “Marketing, the consumer society and hedonism.” European Journal of Marketing (2002). ↩︎

  2. Lal, Sanjay. “On Becoming Worthy of Victory: Asserting a Natural Place for Philosophy in Global Struggle.” Philosophy in the Contemporary World 25.1 (2019): 21-26. ↩︎

  3. Daniel Kahneman, Thinking, Fast and Slow, New York, Farrar, Straus and Giroux, 2011, 499 p. (ISBN 978-0-374-27563-1 et 0-374-27563-7) ↩︎

  4. Cette vision de la psychologie de l’enfant va à l’encontre des théories scientistes de Mélanie Klein↩︎

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